Gueut Chéri, 24 ans (*keuf* *keuf* *keuf* *tousse* le double, ouais), fan hardcore de tous les isekai existants, meurt en pleine convention d’anime après avoir englouti 6 ramens et 3 litres de soda 0%. Il se réveille dans un monde fantasy ultra-cliché, ravi d’enfin vivre « son rêve de toujours ».
Mais plot-twist : Élisa, sa femme réaliste, cynique et anti-isekai, est là aussi, invoquée par accident. Elle ne supporte ni les elfes, ni les systèmes de niveaux, et encore moins les héroïnes en bikini-armure (sauf Erza mais elle ne vit pas dans un isekai).
Ensemble, ils doivent survivre dans ce monde sans s’étriper, gérer les PNJ lourds qui veulent intégrer le harem de Gueut Chéri, trouver un moyen de rentrer (‘fin pour Élisa) et éventuellement, sauver le monde sans faire de drame (lui essaie, elle râle).
Voilà, à quoi pourrait ressembler le pitch pour l’isekai de notre couple !
« Je suis un otaku des isekai réincarné dans mon genre préféré… sauf que ma femme, qui déteste les isekai, a été invoquée avec moi et veut juste rentrer à la maison »
ce serait un bon titre à cette histoire !


Mais qu’est-ce qu’un isekai ?
Les isekai (異世界), ce sont ces histoires japonaises où un personnage (souvent un(e) ado ou un jeune adulte) est transporté dans un autre monde — littéralement, isekai signifie « autre monde » en japonais. C’est un genre super populaire dans les animes, mangas, light novels, et même les jeux vidéo.
Les caractéristiques
Le héros mort dans le monde réel
- Renversé par Truck-kun (un camion, quoi)
- Poignardé, mort d’épuisement, ou simplement plop, il meurt et se réveille ailleurs
- Parfois juste invoqué sans mourir (mais c’est plus rare)
Une réincarnation avec cheat code intégré
- Pouvoirs surpuissants dès le départ (genre [Magie infinie], [Analyse du monde], [Création d’objets légendaires])
- Une capacité unique qui n’existe pas dans ce monde
- Système de jeu intégré (statistiques, niveaux, inventaire comme dans un RPG)
Le harem
- Très souvent masculin, le héros est entouré de plusieurs filles aux personnalités archétypales :
- La tsundere (personnage qui passe d’une attitude froide et dure à une attitude amoureuse, douce et gentille)
- La timide aux gros lolos
- L’elfe sage
- La loli magicienne
- Dans les isekai féminins (shōjo ou josei), ça peut être l’inverse
Le monde médiéval-fantastique générique
- Des rois, des dragons, des guildes d’aventuriers, de la magie, des donjons, des épées
- Parfois, c’est littéralement copié-collé d’un jeu type Final Fantasy ou Dragon Quest
- Les villes ont toutes les mêmes tavernes et marchés
Le protagoniste « sain » et ultra-moral
- Même s’il est surpuissant, il est gentil, humble, juste… et souvent introverti
- Il refuse de profiter de son pouvoir pour dominer
- Il sauve des esclaves ou des filles en détresse (souvent le moyen de former son harem)
L’invocation du héros par une entité
- Le roi, une déesse ou une divinité, convoque le héros pour sauver le royaume
- Ou alors, il/elle se réveille dans une prairie inconnue après avoir vu « la lumière blanche »

Ce qui m’agace dans ce genre
C’est trop redondant !
On en regarde un et on a l’impression de les avoir tous vus ! Ne me balancez pas d’œufs pourris de dragon ! Il faut dire qu’il existe un certain schéma auquel on n’échappe pas. Soyons francs !
Le monde tourne autour du protagoniste. Il n’existe aucune vraie difficulté (tout est résolu facilement grâce aux pouvoirs cheatés). Les antagonistes sont très méchants ou très bêtes (pas réellement de nuances). La guilde du personnage principal est fréquemment composée de héros secondaires similaires. Le monde fantastique qui manque de profondeur ou d’originalité (Si les isekai étaient des séries live, ils seraient tournés dans les mêmes décors).
Comment je vois les isekai
Le point commun de tous les héros d’isekai
Ils sont morts de la manière la plus random possible — camion, nouilles glissantes, accident de bibliothèque — et deviennent ensuite des dieux dans un autre monde.
Moralité : attention quand tu sors les poubelles. « Je me suis réincarné(e) en peau de banane moisie », te pend au nez !
Le harem isekai résumé
Le héros dit bonjour.
Une elfe, une démone, une princesse, une slime et une dragonne humanoïde tombent amoureuses.
Il ne remarque rien, car il est trop pur ou trop occupé à sauver le monde avec son pouvoir de fabriquer des cookies explosifs.
Les stats RPG
Tu peux mourir dans ta vie normale, mais dans l’autre monde, t’as un écran HUD intégré et des points d’XP juste parce que t’as mangé une pomme magique.
Le mentor mystérieux
Il te donne une quête capitale, puis disparaît pour aller faire ses courses. Spoiler : il revient à l’épisode 11 avec une révélation sur ton père.
Mon rêve
Réincarnée dans un monde fantastique… mais au lieu de combattre, je deviens influenceuse lifestyle chez les elfes et je vends des soins à base de bave de vouivre made in Korea !

Les titres à rallonge qui piquent les yeux (et la cervelle)
Ces longs titres sont devenus un phénomène à part entière, limite un « mème » dans la communauté. Tu lis le titre et tu connais tout le synopsis rien qu’en un souffle.
Le marché du light novel et de l’isekai est ultra compétitif au Japon. Il y en a littéralement des centaines qui sortent chaque année. Un titre long et précis attire direct l’attention et résume le pitch en une phrase. Pour les férus du genre, il peut donner envie de cliquer ou lire sans même voir la couverture ou l’affiche.
C’est également une tendance éditoriale. Les maisons d’édition japonaises misent souvent sur les titres qui peuvent être SEO-friendly (optimisés pour les recherches en ligne). Un titre long avec des mots-clés accrocheurs, c’est plus facilement trouvable sur Google ou les plateformes de lecture.
Exemple de titre : I Was Reincarnated as a Villainess, but My Harem of Beautiful Boys Keeps Saving Me
Les isekai qui cassent les codes
Isekai qui parodient ou se moquent du genre
Konosuba: God’s Blessing on This Wonderful World!
Un classique de la parodie isekai
Kazuma meurt (de manière ridicule), est réincarné avec une déesse inutilisable (Aqua), et forme une team de bras cassés.
Humour absurde, zéro glamour, beaucoup d’auto-dérision sur les tropes habituels.
Cautious Hero: The Hero Is Overpowered but Overly Cautious
Le héros est trop fort… mais refuse de se battre s’il n’est pas sûr à 1000% de gagner.
Une parodie du héros cheaté, où chaque action est exagérément prudente.
Reborn as a Vending Machine, I Now Wander the Dungeon
Oui oui, un isekai où le héros devient… un distributeur automatique.
Complètement absurde, mais surprenamment bien écrit et drôle.
Isekai plus profonds ou qui explorent la psychologie
Re:Zero – Starting Life in Another World
Subaru meurt et recommence sans arrêt, façon checkpoint de jeu vidéo.
Angoisse, traumatisme, désespoir… ici, l’isekai n’est pas du tout un monde de rêve.
Mushoku Tensei: Jobless Reincarnation
Un loser réincarné dans un monde fantasy, mais avec un vrai travail sur son développement personnel.
Mélange de magie, aventure et drame humain avec des personnages complexes (attention : thèmes matures et controversés).
Now and Then, Here and There (très différent, plus ancien)
Pas un isekai joyeux : guerre, dictature, esclavage.
Un des rares isekai sombres et réalistes — rien n’est idéalisé.
Isekai avec une approche politique ou sociale
The Rising of the Shield Hero
Le héros est accusé à tort dès son arrivée et rejeté par tous.
Lutte contre l’injustice, construction lente, critique du monde parfait qu’on attend d’un isekai.
How a Realist Hero Rebuilt the Kingdom
Plutôt que de combattre, le héros reconstruit économiquement un royaume en ruine.
Isekai gestion, avec de la stratégie politique, économie, relations diplomatiques…
Ascendance of a Bookworm
Une jeune femme réincarnée dans un monde médiéval sans livres, et qui décide de créer l’imprimerie.
Intimiste, doux, très axé culture et savoir au lieu de baston.
Isekai au féminin / inversés / originaux
My Next Life as a Villainess: All Routes Lead to Doom!
Une fille se réincarne dans un jeu de drague… mais dans le rôle de la méchante !
Super drôle, décalé, avec un twist romantique inversé (reverse harem).
The Devil is a Part-Timer! (Reverse isekai)
Le roi démon arrive dans le Japon moderne… et doit bosser chez MgRonald’s
Parodie inversée du genre, très fun, avec une touche de critique sociale.
Uncle from Another World
Un oncle revient d’un isekai après 17 ans… et raconte ses mésaventures en mode « ok boomer ».
Humour méta, nostalgie Sega, absurdité totale.









En tout cas, j’ai beau fuir les isekai comme la peste, Gueut Chéri les voient comme une évasion du quotidien. Ils lui rappellent sa période gamer lorsqu’il jouait une trollette rousse à couettes parcourant les donjons de World Of Worldcraft. C’est familier et il aime cet univers fantasy peuplé d’elfes, de gobelins, d’orcs, d’hybrides et de slimes. Les filles en culotte, c’est en option ! Mon oeil surveille plus strictement que celui de Sauron ! Non mais !
Mais au fait, petite question du moment… Solo Leveling, c’est un isekai ou pas ?
Spoiler alert : Non. Enfin… pas vraiment. Mais on comprend la confusion.
Contrairement aux isekai classiques où le héros est envoyé dans un autre monde, Sung Jin-Woo reste dans son propre monde : une version alternative de la Corée du Sud où des portails et des monstres apparaissent.
Pas de réincarnation. Juste un gars mal noté au classement des chasseurs… qui obtient un “système” façon RPG qui le rend progressivement over-fraudé.
Donc Solo Leveling, c’est de la power fantasy moderne + système de jeu, mais pas isekai pur jus.
Un peu comme si un isekai décidait de squatter le monde réel en mode furtif.

Je me disais bien que j’aimais un peu trop ce webtoon pour que ce soit un isekai…
Pour le mot de la fin, je dirais que la japanimation et bien entendu, toute la mangasphère sont bien assez vastes pour que chacun y trouve son compte. Je préfère les détectives, les exorcistes et les ninjas qui vivent dans notre monde, celui du passé, du futur ou dans un monde alternatif qui leur est propre.
Mon système de stats en fin d’article ?
J’ai gagné +10 en sarcasme et -5 en patience.






Une réponse à “« J’aime pô les ISEKAI ! »”
bonjour, comment vas tu? je suis à 200% d’accord avec toi. je leur reproche la même chose. passe un bon dimanche et à bientôt!
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