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Mon processus de RECONSTRUCTION ÉMOTIONNELLE grâce aux DRAMAS

Comment les dramas ont pansé mes blessures

Il y a une partie de mon histoire dont je parle rarement. Pas par honte, mais par pudeur. Il fut un temps où j’étais brisée. Vraiment. Cassée de l’intérieur, prise au piège d’une relation violente avec un homme manipulateur, un vrai pervers narcissique. Pas une étiquette qu’on colle sur quelqu’un parce qu’il nous a déçue, non… Je parle d’un homme qui m’a isolée, détruite mentalement, violentée physiquement. Un homme qui tisse une toile autour de toi et t’y enferme jusqu’à ce que tu ne saches plus qui tu es.

Quand je suis sortie de cette relation, j’étais dans un état catastrophique. Familialement, financièrement, émotionnellement. Je cherchais un exutoire, quelque chose pour respirer à nouveau, me reconnecter au monde, à moi-même. J’ai essayé de lancer des projets, de nouer de nouveaux liens, mais rien n’y faisait réellement. Et puis un jour, alors que je cherchais simplement des épisodes d’anime sur Internet, je suis tombée par hasard sur un site qui proposait des dramas japonais.

Par curiosité, j’ai lancé un premier titre : Byakuyakou.
Mais je n’étais pas prête. Le drama m’a semblé trop dur, trop sombre.

Byakuyakou raconte l’histoire tragique de deux adolescents, Ryoji et Yukiho, liés à jamais par un crime qu’ils ont commis pour protéger l’un de leurs parents. Devenus adultes, ils vivent dans le mensonge, poursuivis par le passé, dans une spirale de douleur et de dissimulation. C’est un drame noir, intense, psychologiquement lourd.

J’ai arrêté. Mais une part de moi était intriguée. Alors j’ai tenté autre chose : Kurosagi. Et là… la claque.

Kurosagi suit Kurosaki, un jeune homme dont la famille a été détruite par une arnaque. Pour se venger du système, il devient lui-même un « kurosagi », un escroc qui piège les escrocs. Derrière les déguisements et les combines, se cache un être blessé, en quête de justice et de rédemption.


Dans le rôle principal : Yamashita Tomohisa, aka Yamapi, magnétique, mystérieux, poignant. Et là, j’ai craqué. Pour lui, pour le personnage, pour l’univers.

Je me suis évadée. Totalement.

J’ai enchaîné les jdramas. Et j’ai été frappée par cette manière très japonaise de montrer les émotions : intenses, mais souvent contenues. Une douleur qui déborde sous la surface, des personnages qui crient en silence. Et moi, ça m’a bouleversée. Car c’est ce que je vivais. J’avais un tsunami dans le cœur, mais je ne pouvais pas le hurler. Parce que dans notre société, il faut “tenir bon”. Être forte. Faire bonne figure.

Les dramas ont fait office de miroir et de refuge à la fois. Ils ont mis des mots, des visages, des histoires sur ce que je ne pouvais pas encore raconter. Et mine de rien, ils m’ont aidée à survivre.

Des larmes, des fictions, et un début de renaissance

Les jdramas… J’en ai dévoré un paquet par la suite. J’ai ri, j’ai été touchée, j’ai rêvé, je me suis projetée… Mais surtout, j’ai pleuré. Beaucoup.
Notamment devant One Litre of Tears — un titre qui n’a rien d’exagéré.

One Litre of Tears raconte la vie d’Aya, une lycéenne atteinte d’une maladie incurable, la dégénérescence spinocérébelleuse. Malgré la perte progressive de ses capacités motrices, elle garde une force d’âme bouleversante. Le drama est basé sur le journal intime réel d’Aya Kitō, et chaque épisode est un coup de poignard dans le cœur, empreint de douceur, de dignité, et de larmes. Littéralement un litre. Ou plus.

Petit à petit, sans m’en rendre compte, mon mal-être trouvait un écho. C’était diffus, émotionnel, presque inconscient. Mais un jour, ce fut le choc. Le déclic. Devant Last Friends, j’ai compris. Et je me suis accrochée.

Last Friends explore des thèmes puissants et rarement abordés aussi frontalement : les violences conjugales, l’identité sexuelle, les traumatismes, la reconstruction. Le tout à travers un groupe de jeunes adultes liés par une colocation, une amitié fragile et des blessures profondes. Un drama poignant, percutant, sans fard.

Et là, en plein cœur du drame, Ryo Nishikido, un acteur et chanteur que j’aimais énormément, incarnait un monstre. Un homme violent, manipulateur, destructeur. Le même type de monstre avec qui j’avais partagé ma vie.
Ce fut un moment terrible. Mon corps entier s’est crispé, mes larmes ont coulé sans fin.
Mais j’ai tenu bon. J’ai affronté ce visage, cette violence, à travers l’écran. Et d’une certaine manière, je combattais le mal par le mal.
Je n’étais pas guérie. Mais je venais de franchir une étape. J’avais ouvert la porte de ma propre libération.

Peu de temps après, j’ai créé mon premier blog. L’ancêtre de Kimchi et Sakura.
Puis j’ai intégré une team de fansub, j’ai fait du scantrad, et j’ai même eu mon petit moment de gloire sur plusieurs forums manga. Virtuellement, ma vie se reconstruisait. Elle s’épanouissait. Je rencontrais des gens « IRL », comme on disait alors. Et pour la première fois depuis longtemps, j’existais autrement.

Puis j’ai osé franchir la frontière : j’ai découvert la Kdramasphere.

Ce n’était pas tout à fait comme les dramas japonais.
Les émotions y étaient plus bruyantes, moins retenues. On criait, on pleurait, on s’aimait à grands gestes. Ça semblait plus adulte, à certains égards. Peut-être parce que tout paraissait plus assumé. Mais en même temps, parfois, un peu plus superficiel dans la façon d’exprimer les sentiments.
Et pourtant, même les sujets graves me paraissaient plus « supportables », comme dans The Snow Queen ou A Love to Kill.

The Snow Queen : Un mathématicien de génie hanté par un drame rencontre une jeune femme aussi brillante que secrète. Ensemble, ils vont tenter de se réconforter. Une romance douce-amère, froide comme la neige, mais poignante de vérité.

A Love to Kill : Un combattant de MMA, rongé par le passé, s’infiltre dans la vie d’une star qu’il tient pour responsable du malheur de son frère. Mais la vengeance se teinte de sentiments ambigus. C’est dur, c’est violent, c’est passionnel… et ça vous laisse vidé.

Je me surprenais même parfois à lever les yeux au ciel devant tant de mélodrame. Moi, l’ancienne éponge à larmes ! J’avais changé.

Mais malgré tout, quelque chose dans les dramas coréens m’attirait.
Un mélange étrange de maturité et de légèreté, de dynamisme et d’intensité. Et puis il y avait cette culture, cette langue, cette esthétique…
Dans un seul drama, on pouvait rire à s’en étouffer, pleurer à en mouiller son oreiller, rêver comme une ado de 14 ans, et hurler d’agacement contre la fille insupportable du second rôle… ou contre ce lead masculin qui, malgré tous ses neurones, n’avait toujours pas compris comment fonctionne une femme.

C’était tout un monde. Et moi, je le découvrais, un drama à la fois.

Et aujourd’hui, où j’en suis ?

Eh bien… ça va.
Je ne dirais pas que je suis totalement guérie — je pense qu’on ne l’est jamais vraiment — mais ça va.
Il faut dire que dix-sept années ont passé.
Dix-sept bonnes années depuis cette période sombre. C’est fou comme le temps file, silencieusement. (Toujours pas là, ce responsable ?!!!)

Durant toutes ces années, les dramas, la Kpop, et cette langue coréenne qui me berce ont toujours été là.
La langue coréenne, c’est un peu mon doudou impalpable. Une douceur pour l’âme, une caresse sonore.
Quand je l’entends, j’ai l’impression d’être chez moi.

Et combien de dramas ai-je regardés ?
Ouh là… Je ne saurais même pas dire. Des centaines, probablement.
Mais le plaisir, lui, n’a jamais disparu. Il est intact. J’en ai besoin.
C’est devenu ma drogue douce.

La fille qui sanglotait devant des romances déchirantes est aujourd’hui devenue une inconditionnelle des thrillers sanglants.
Les grandes déclarations d’amour ? Très peu pour moi.
Maintenant je veux des plaquages au sol, des poursuites endiablées, des enquêtes sombres, et des revenants vengeurs avec des cicatrices et un passé trouble.

Mais peu importe le genre : les dramas font partie de moi. Ils m’ont aidée à me relever. À comprendre. À survivre.
Et aujourd’hui, ils continuent de m’accompagner. Pas comme une échappatoire, mais comme un compagnon de route.


Alors comme je dirais à mon fils qui aimerait que je regarde plus d’animes et moins de drama…

JAMAIS SANS MES DRAMAS ! JAMAAAAIS !!!!

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2 réponses à “Mon processus de RECONSTRUCTION ÉMOTIONNELLE grâce aux DRAMAS”

  1. bonjour, comment vas tu? c’est « marrant » comme nos vies se ressemblent… mis à part que je me suis d’abord mise aux mangas/animes plutot qu’aux jdrama. bon courage à toi, passe un bon week end et à bientôt!

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