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BLIND, un drama qui voit un peu flou

C’est en parcourant les réseaux sociaux que j’ai eu l’occasion de lire des commentaires sur Blind. Je n’ai vu aucune critique négative, ce qui a piqué ma curiosité. De prime abord, à part les têtes d’affiche, rien ne m’a paru sensationnel. Mais ne sachant que regarder, je me suis lancée. Et le moins que l’on puisse dire est que la série maintient en éveil. Elle m’a néanmoins poussée à plisser les yeux plus d’une fois. Non pas par myopie avancée mais bien par scepticisme.

De quoi ça parle ?

Le drama suit l’enquête autour d’une série de meurtres liés à un procès controversé. Ryu Sung-Joon, un inspecteur impulsif et talentueux, se retrouve impliqué malgré lui dans l’affaire, aux côtés de son frère aîné, Ryu Sung-Hoon, un juge méticuleux, et de Jo Eun-Ki, une travailleuse sociale qui devient témoin clé. Alors que les victimes semblent toutes liées à un orphelinat, un sombre secret du passé ressurgit, mettant en lumière la face cachée d’un système judiciaire défaillant.

FICHE TECHNIQUE

Titre original : 블라인드 (Beullaindeu)

Genre : Thriller, Policier, Mystère

Épisodes : 16

Chaîne de diffusion : tvN

Scénario : Kwon Ki-Kyung

Réalisation : Shin Yong-Hwi

CASTING PRINCIPAL

Ok Taec-yeon (Vincenzo) dans le rôle de Ryu Sung-Joon

Ha Seok-jin (Radiant Office) dans le rôle de Ryu Sung-Hoon

Jung Eun-Ji (Reply 1997) dans le rôle de Jo Eun-Ki

L’histoire tourne autour de l’affaire des « Meurtres des Jurés« , qui commence après un procès dans lequel un accusé est jugé pour un crime brutal. Les jurés qui ont participé au verdict sont assassinés un à un, ce qui pousse Ryu Sung-joon à enquêter. Très vite, il se rend compte que cette affaire pourrait être liée à un orphelinat où des enfants ont subi des abus des années auparavant.

Le drama alterne entre le présent et le passé, dévoilant progressivement des liens entre les protagonistes et cet orphelinat. Chaque personnage cache des secrets, et l’un d’eux pourrait bien être le véritable tueur…

L’orphelinat Hope Welfare Center est l’un des éléments qui constitue la clé du mystère des meurtres. Cet orphelinat, censé être un refuge pour les enfants abandonnés, était dirigé par des adultes abusifs qui les maltraitaient de manière atroce.

Bien que ce soit une fiction, l’histoire de l’orphelinat Hope Welfare Center rappelle des cas réels en Corée du Sud, notamment le scandale de l’orphelinat Brothers Home dans les années 1980, où des enfants et adultes vulnérables ont été exploités et torturés.

L’intrigue ne se limite donc pas à une simple enquête policière. Blind aborde des thèmes profonds comme la corruption judiciaire, les violences institutionnelles et les abus dans les orphelinats. La série critique ouvertement le système qui, au lieu de protéger les plus vulnérables, les sacrifie souvent pour des intérêts supérieurs.

Thriller psychologique ou critique sociale ?

Dès les premiers épisodes, Blind se présente comme un thriller efficace, ponctué de retournements de situation et d’une atmosphère pesante. Pourtant, à mesure que l’intrigue se déroule, le drama multiplie les faux indices et joue avec la perception du spectateur. Chaque personnage semble suspect à un moment donné, renforçant le sentiment de paranoïa.

Le titre lui-même fait référence à la balance de la justice, censée être impartiale et aveugle aux influences extérieures. Toutefois, au fil des épisodes, la série démontre que cette cécité est une illusion.

À travers le personnage de Ryu Sung-Hoon, un juge intègre, mais piégé dans un système vicié, la série illustre les dilemmes éthiques des magistrats.

Les enfants de l’orphelinat sont ceux qui subissent le plus les conséquences de cette justice imparfaite. Ignorés par la société, exploités par ceux censés les protéger, ils deviennent les fantômes d’un crime impuni.
Cette réflexion dépasse le cadre du drama et résonne avec des réalités sociales, où l’aveuglement face aux injustices est souvent un choix plus qu’une contrainte.

Des personnages hantés par leurs traumatismes

L’un des points forts de Blind réside dans la complexité de ses protagonistes. Chacun d’eux est marqué par un passé douloureux qui influence ses choix et sa vision de la justice :

Ryu Sung-Joon (Ok Taec-yeon) : un inspecteur obsédé par la vérité, dont l’impulsivité masque une souffrance plus profonde. Il incarne le besoin de justice immédiate, quitte à contourner les règles.

Ryu Sung-Hoon (Ha Seok-jin) : un juge rigide qui semble irréprochable, mais dont les dilemmes moraux le rendent vulnérable.

Jo Eun-Ki (Jung Eun-Ji) : une travailleuse sociale engagée, témoin des abus dont elle-même a souffert. Elle représente la voix des oubliés du système.

Malheureusement, si les rôles des personnages principaux sont aux petits oignons, ceux de certains jurés restent sous-développés ou servent uniquement à semer le doute artificiellement. Quelques-uns disparaissent même de l’histoire une fois leur utilité scénaristique épuisée.

Une narration qui manipule le spectateur

Blind ne se contente pas de raconter une histoire : il joue avec notre perception de la vérité. La mise en scène et le montage sont pensés pour maintenir le doute et la confusion.
Certains souvenirs sont altérés ou incomplets, nous poussant à remettre en question ce que nous pensions acquis.

L’atmosphère est passablement oppressante et les révélations sont distillées progressivement. Les indices apparaissent au compte-gouttes, maintenant le suspense jusqu’au dernier épisode.

Ce procédé narratif engage activement le spectateur, le plaçant dans une position où il doit constamment douter de ce qu’il voit.

Aaaaaah, pour çaaaa… on s’les triture les méninges !

Les éléments qu’on nous donne… puis, que l’on doit effacer… mais-qui-finalement-sont-bien-vrais-et-puis-non-c’est-faux… il y en a un paquet, au fil des épisodes.

En somme, si Blind est globalement bien écrit, il n’échappe pas à certaines facilités scénaristiques et moments prévisibles qui peuvent atténuer son impact. Et ce, à mon plus grand désarroi…

Un coupable trop évident (ou presque)

Dès les premiers épisodes, le scénario tente de brouiller les pistes en multipliant les suspects. Cependant, l’identité du véritable coupable devient assez flagrante avant la révélation finale.

L’accent est lourdement mis sur certains personnages pour nous induire en erreur mais cela finit par produire l’effet inverse : on se doute qu’ils ne sont pas les réels coupables.

Le « twist final » est attendu, ce qui réduit l’impact émotionnel du dénouement.

Des coïncidences un peu trop pratiques

Certains moments clés du scénario reposent sur des coïncidences forcées qui arrangent bien le déroulement de l’histoire.

Les connexions entre les personnages sont trop abusives. : Ryu Sung-Joon, son frère Ryu Sung-Hoon et Jo Eun-Ki sont tous liés à l’affaire centrale.

Autre chose… des personnages surgissent pile au bon moment pour donner un indice crucial, ce qui simplifie la progression de l’enquête. D’autres se trouvent aux bons endroits (comme de par hasard).
Sans vouloir spoiler ; Ryu Sung-Joon qui arrive sur les lieux des meurtres fraichement commis alors qu’il est déjà suspecté. HEM. Il touche à toutes les scènes sanglantes, sans gants. HEM HEM. Déboule toujours un témoin, flic de préférence, juste derrière lui. HEM. HEM. HEM… (et je ne parle même pas des escaliers bien utiles pour retrouver la mémoire… aiiishhh)

Non. Je refuse !

Je vous garantis que j’ai râlé plus d’une fois !

Un rythme inégal avec des longueurs inutiles

Après des débuts haletants, le drama ralentit vers le milieu, avec des scènes répétitives où les protagonistes reviennent plusieurs fois sur les mêmes indices.

Un final qui aurait pu être plus percutant… Si la conclusion reste efficace, elle manque d’un impact émotionnel fort, notamment parce que le véritable antagoniste aurait mérité plus de développement en amont.

Au final…

Blind reste un bon drama, mais il aurait pu être encore plus marquant avec un scénario plus subtil et moins d’artifices narratifs. Cependant, nous avons, ici, un thriller intense qui sait tenir son public en haleine avec une intrigue pleine de mystères et de révélations surprenantes. Ce drama sait nous emmener dans une histoire où chaque détail compte. Je ne peux que le conseiller sans pour autant en chanter ses louanges.

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6 réponses à “BLIND, un drama qui voit un peu flou”

    • Coucou, ça va et toi ? Moi, ce sont les romances qui ne sont pas ma tasse de thé. J’en regarde une de temps à autre mais c’est tout. Par contre, si ça parle de pans de vie, d’époque ou même fantastique et qu’il y a aussi de la romance dedans, là, je suis preneuse. Si c’est drôle encore mieux. Mais sinon, je plutôt fan d’action, de thrillers et de policiers. Du coup, j’avoue que parlerai plus de ces catégories. Mais je reste ouverte. 😁
      À très bientôt.

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