Hier soir, confortablement installée sous ma couette, j’ai visionné avec beaucoup de curiosité Bogotá: City of the Lost. Au préalable, j’ai pu lire nombre de critiques et quelques articles qui parlait du méga flop que ce film a fait dans son propre pays (et ailleurs) dès sa sortie : Des salles de cinéma désertée et des désapprobations sévères de la part des internautes coréens. Pourtant le casting est prometteur. Le trailer est convaincant. Alors pourquoi…?
Réalisateur : Kim Seong-je
Casting principal : Song Joong-ki, Lee Hee-joon, Kwon Hae-hyo
Genre : Thriller, crime, drame
Disponible sur : Netflix






SYNOPSIS
L’histoire suit Kook-hee (Song Joong-ki), un jeune Coréen de 19 ans qui, après la crise financière de 1997, émigre avec sa famille en Colombie. Plongé dans un monde où la survie est un combat quotidien, il se retrouve pris dans le commerce clandestin et la contrebande à Bogotá. Son ambition et son intelligence lui permettent de gravir les échelons du crime organisé, mais à quel prix ?



SONG JOONG KI pour le rôle, oui. Dès le début du film… Peut-être pas.
L’interprétation de Joong Ki dans ce long métrage divise.
D’une part, il apporte une intensité palpable à son personnage, notamment dans les scènes où Kook-hee doit naviguer entre alliances fragiles et trahisons violentes. Son charisme naturel fonctionne bien pour illustrer la transformation progressive de son personnage, d’un jeune immigré vulnérable à un stratège impitoyable.
D’une autre part, il a du mal à convaincre en tant que jeune homme de 19 ans. Son jeu reste solide, mais le décalage entre son apparence et l’âge du personnage peut nuire à l’immersion. J’avoue que j’ai pouffé de rire lorsque son âge a été mentionné. Ma concentration a fichu le camp durant quelques minutes. Quand même… 19 ans… Non !
Cet homme fait très jeune. Le soucis n’est pas là. Néanmoins, il aurait été plus judicieux de commencer avec un acteur plus jeune avant de laisser Song Joong Ki crever l’écran. Ce n’est pas comme si le film ne s’étalait pas sur une grosse décennie. C’était jouable.
Cependant, une fois qu’on digère la chose, cela n’entrave plus du tout l’immersion. On s’en convainc plutôt facilement et on repart sur la route avec Kook-Hee.

Parlons du film
Une ambiance prenante et réaliste
L’un des points forts du film réside dans sa représentation de Bogotá, une ville à la fois vibrante et impitoyable. Il parvient à capturer une atmosphère hostile et oppressante qui correspond parfaitement à l’univers du crime organisé. Le travail sur la photographie et la direction artistique renforce cette tension constante, mettant en valeur la brutalité et la dureté de Bogotá comme toile de fond.
La performance de Song Joong-ki
Bien que certains aient critiqué le choix de l’acteur pour incarner un jeune de 19 ans, Song Joong-ki livre une prestation convaincante en tant que personnage principal. Il incarne bien la transformation de Gook-hee, passant de simple immigré à stratège impitoyable, et ses expressions faciales traduisent efficacement l’évolution de son état d’esprit au fil du film.
Une tentative d’exploration de l’identité et de la survie
Cette production ne se contente pas d’être un simple thriller criminel : elle aborde aussi des thèmes profonds liés à l’immigration, l’adaptation et la survie dans un environnement inhospitalier. Elle tente d’explorer comment un individu peut être transformé par son environnement et ses choix, ce qui apporte une dimension psychologique intéressante.
Une mise en scène soignée et des scènes de tension réussies
Certaines séquences du film sont particulièrement bien réalisées, notamment les scènes de confrontation entre gangs ou les moments où Kook-hee doit user de stratégie pour naviguer dans le monde du crime. Ces passages réussis apportent du suspense et maintiennent l’intérêt du spectateur.
Un film ambitieux malgré ses défauts
Le simple fait qu’un film sud-coréen ait été tourné en Colombie avec un casting international et une histoire qui sort du cadre habituel du cinéma coréen est une prouesse en soi. Ce projet ambitieux montre une volonté d’explorer de nouveaux horizons, même si l’exécution n’est pas parfaite.
Un style visuel proche du cinéma noir
La mise en scène emprunte aux codes du film noir et du polar avec des jeux d’ombres et de lumière qui reflètent l’état d’esprit du personnage principal. La caméra joue souvent sur la proximité avec Kook-hee, renforçant l’effet d’oppression et l’évolution psychologique du héros.






Alors, pourquoi la critique est-elle assassine et le film boudé par le public Coréen ?
Le film se déroule entièrement en Colombie. L’absence de repères culturels et l’éloignement du contexte coréen ont peut-être rendu le film moins engageant pour le public. Contrairement aux thrillers coréens traditionnels qui exploitent des enjeux sociétaux locaux, Bogotá s’intéresse à l’immigration et au crime dans un pays étranger, ce qui n’a pas forcément captivé les spectateurs coréens.
Les critiques ont souligné un problème de rythme, avec une intrigue qui peine à maintenir une tension constante. Certains spectateurs ont trouvé que le film manquait de dynamisme, alternant entre des moments forts et des scènes lentes qui cassent le rythme. De plus, le développement des personnages secondaires a été jugé insuffisant, rendant l’histoire moins passionnante.
Depuis la pandémie, le box-office coréen est devenu plus sélectif, avec une préférence pour les blockbusters nationaux à grand spectacle ou les films très médiatisés. Face à d’autres productions plus attractives, à ce moment-là, Bogotá n’a pas réussi à capter l’attention du public. L’annonce de son (trop) rapide ajout à la plateforme Netflix n’a pas aidé à booster les entrées au cinéma.
En fin de compte, Bogotá: City of the Lost semble avoir souffert d’un déséquilibre entre son ambition internationale et son attrait pour le public coréen.
Verdict : un thriller ambitieux mais imparfait
Bogotá: City of the Lost est un film qui avait tout pour réussir : un cadre original, une intrigue prometteuse et un casting talentueux. Malheureusement, il souffre d’un rythme inégal, d’un manque de développement des personnages secondaires et d’une représentation stéréotypée de la Colombie.
Si vous êtes fan de Song Joong-ki ou des thrillers criminels, le film mérite un visionnage pour son atmosphère immersive et ses moments de tension bien exécutés. Cependant, ne vous attendez pas à un chef-d’œuvre du genre.
En ce qui me concerne, j’ai passé un excellent moment. D’habitude, je m’endors 5 minutes après avoir lancé un épisode du drama en cours. Il n’en fût rien avec ce long-métrage. Je me suis régalée en plus d’avoir voyagé. Cela me suffit amplement.








4 réponses à “BOGOTÀ, CITY OF THE LOST, un film boudé en Corée”
bonjour, comment vas tu? j’avais noté ce titre, car j’aime beaucoup song joong ki. mais je n’ai pas encore eu le temps de m’y plonger. passe un bon dimanche et à bientôt!
J’aimeAimé par 1 personne
Coucou, ça va et toi ? Tu me diras ce que tu en penses. C’est un petit film sans prise de tête. Song Joong Ki est toujours juste dans ses rôles. Du moins, je trouve. 😁 À bientôt
J’aimeAimé par 1 personne
oui, j’en parlerai sur mon blog quand je l’aurai regardé. passe un bon jeudi et à bientôt!
J’aimeAimé par 1 personne
Okaaaay ! Je vais rester aux aguets alors. 😁
J’aimeAimé par 1 personne