À divers endroits sur le blog, je vous ai mentionné mon métier à plusieurs reprises. Pour les mauvais élèves, et justement parlons-en des élèves… je suis ATSEM titulaire. Autrement dit, Agent Territorial Spécialisé des Écoles Maternelles qui a obtenu son concours.
C’est quoi être ATSEM ?
KÉCÉCÉ ???! KAMOULOX ???! Voilà ce que me traduit l’air béat de la plupart des gens à qui j’énonce mon taf. Je pardonne à ceux qui n’ont pas d’enfant, mais les parents… roooh, un effort tout de même !
« Tu sais ? Y’a la maîtresse dans la classe et souvent, t’as une autre pauvre âme qui traîne autour d’elle. Bah, c’est l’ATSEM ! »
Et là… la lumière s’allume (merci EDF) : « AAAAAAAAAAAAAH! » (c’est le bruit de l’interrupteur apparemment).
J’aurais tout entendu comme synonymes : Tata, nounou, dame pipi, femme de ménage, celle qui aide à mettre les chaussons… Je crois qu’il est grand temps de clarifier la chose. Ne bougez pas ! J’en ai gros sur la patate !
Pour faire court dans le blabla soporifique
Historiquement, le rôle des ATSEM a évolué de simples agents d’entretien à des acteurs essentiels du développement de l’enfant, impliqués dans les aspects éducatifs et pédagogiques. Cette transformation rend indispensable une collaboration étroite entre enseignants et ATSEM pour assurer un environnement éducatif cohérent et efficace.
Les problématiques
Bien que cette collaboration soit essentielle, elle présente des défis, notamment en raison de la diversité des statuts, des formations et des hiérarchies. Les enseignants relèvent de l’Éducation nationale, tandis que les ATSEM sont employés par les collectivités territoriales. Cette dualité peut entraîner des malentendus et des difficultés de communication, soulignant la nécessité de clarifier les rôles et responsabilités de chacun.
Bon, Okay, mais j’en pense quoi, moi, de mon métier ?

Je le clame, j’ai choisi ce travail par conviction, toute emplie d’idéaux et de naïveté, que j’étais.
Ce qui m’attirait ? Devenir une aide à la construction des enfants et me dire que je jouais un rôle important dans leur évolution et leur autonomie.
Et puis, en maternelle, on bouge, on rigole et on se tartine de peinture, non ?
Ambiance Gulli Parc version Bisounours, mais avec le bonus apprentissage… C’était ma vision. Eh bien, je me suis plantée.
La réalité est que les ATSEM manquent cruellement de considération. Bien souvent, cela commence avec l’enseignant/e qui bosse avec elles.
Le stéréotype de la bonne à tout faire, pas très futée, est encore profondément ancré dans l’esprit de beaucoup. Alors que l’on prône la bienveillance à l’école, certains comportements restent humainement violents dans ce binôme qui se doit uni.
M’enfin… *soupir*

Les missions de l’ATSEM
Aide pédagogique : Soutien aux activités éducatives sous la direction de l’enseignant, participation à la préparation et à l’encadrement des activités pédagogiques
Entretien des locaux et du matériel : Responsabilité de la propreté et de l’hygiène des espaces scolaires.
Assistance aux enfants : Aide aux enfants dans les actes de la vie quotidienne, veillant à leur bien-être et à leur sécurité.

En rang 2 par 2, je vous emmène vivre une de mes journées en petite section
07:50
J’arrive à l’école, la tête embrumée. Mon café est déjà prêt à couler. Merci à ma (collègue) Christelle.
08:00
La journée débute officiellement. Je vérifie que tout est en place. Je discute des ateliers avec ma nouvelle enseignante.
08:20
Les petits monstres arrivent. Entre blaguounettes, gros yeux et toutes les histoires à écouter (« bein tu sais, moi, j’ai un bobo »), je supervise qu’ils accrochent leurs affaires et mettent leurs chaussons.
08:45
Tout ce petit monde va en classe et moi, je pars comptabiliser les effectifs pour la cantine et pour le centre de loisirs. Commande des repas et des goûters.
09:00
Je retourne en classe. Le regroupement est fini. Passage aux toilettes. J’ai de la chance, mes petites sections sont propres. Il y a rarement des accidents.
Les ateliers peuvent débuter, qu’ils soient pédagogiques ou artistiques.
9:30
Un peu de sport. Parcours, danse ou jeux de balle.
10:00
Récrée. J’aide les petits à l’habillage. Ils sortent. Je nettoie tables et sol. Un petit café et ça part en découpage, collage, plastifiage; sans oublier la casquette d’infirmière et les pansements magiques. La cour et ses aléas…
10:30
Retour en classe. On continue les ateliers et on prépare la chorale.
11:15
Passage aux toilettes et direction la cantine.
11:30
Les enfants sont à table. À l’aide des animateurs, l’équipe sert les affamés et mange à table avec eux, en essayant de ne pas avaler de travers. « Nooon, tu manges avec ta fourchette »… « Retourne t’asseoir »… « Pourquoi il y a autant de bruit »… « De l’eau ? Du pain ? Ouiiiii j’arrive »… « Mais comment as-tu fait pour casser ta cuillère ? »… « On ne met pas de la semoule sur la tête du copain »… « aaaah la la, un vomi »… La cantine, c’est quelque chose.
12:20
C’est parti, nous allons au centre de loisirs. Surveillance de la cour ou proposition d’ateliers dans les salles adaptées.
12:50
Avec Coco (ma collègue), on regroupe les enfants pour la sieste. Ils font un escape game contre nous. Celui qui arrive à se planquer a gagné : Noooon pas le dodoooo !
Manque de bol ! Ils perdent à chaque fois !
13:00
Dortoir. Encore un pipi. Aide au déshabillage. Petite musique d’ambiance ponctuée de « chuuuuut, ferme les yeux ».
13:30
Enfin, c’est la pause. 20 minutes.
13:50
Je libère Coco qui va à son tour en pause et je reste surveiller la sieste.
14:45
Je lève les enfants et Coco revient pour m’aider à les habiller.
15:00
Nous repartons dans notre bâtiment et retour en classe pour des ateliers. Les petites sections ne sortent plus en récréation, l’après-midi.
16:15
Enfilage des manteaux. J’appelle les enfants qui vont au centre de loisirs. Les autres sont assis près de la porte. Maîtresse accueille les parents qui viennent récupérer leurs bambins.
16:30
Commence l’entretien des locaux et du matériel. Nous nettoyons les classes, les parties communes et les toilettes.
17:30
C’est la quille ! Journée terminée. On rentre au bercail… jusqu’au lendemain.


Les événements

L’école rime également avec sorties (au cinéma, au zoo, à la ferme, à la cueillette, au Louvre… >_<), avec compétitions sportives, avec spectacles et fêtes. Je vous assure que si l’idée est fun, il n’empêche qu’il y a toute une logistique et beaucoup de sueur derrière tous ces projets. Cependant, dans les yeux des enfants, dans leur empressement et leur joie, on pioche de l’énergie. C’est ainsi que je me retrouve à faire la zozotte, affublée de divers déguisements, à les encourager ou à veiller sur eux.
En définitive
Avec quelques ajustements humains, ce métier serait hautement valorisant. Malheureusement, aujourd’hui, ce n’est toujours pas le cas. Les enfants restent le moteur de tout cet univers. Les parents, souvent reconnaissants, donnent également du baume au coeur. Un gros big up à mon équipe de folles ! Coeur sur vous.


























