Aujourd’hui, me voilà prête à m’attaquer au monde de la musique !
Non, non, rassurez-vous, je ne vais pas chanter, ça aurait été le pire des supplices à vous infliger que de m’écouter …
Bon d’accord, après un verre de saké… je pourrais même faire du karaoké !
Oui, j’ai bien dit KARAOKÉ !
Définition de karaoké selon Lisa : Chanter à la place d’un artiste en suivant les paroles de la chanson, affichées sur un écran télé, et en criant à tue-tête au rythme de la musique. Même pas besoin d’être doué pour se distraire !

Effectivement, ce divertissement est un excellent moyen de s’amuser entre amis ou collègues de travail afin d’évacuer le stress de la vie quotidienne.
On dit que le phénomène est né à l’ouest du Japon – à Kobe précisément – ou le propriétaire d’un bar qui devait faire face à l’absence subite d’un guitariste d’un groupe amateur, prévu au programme, a eu une idée de génie en enregistrant sur une cassette, la musique d’accompagnement. Ce fut un succès! C’est alors que l’idée se propagea et attira un public de plus en plus important.
Différentes compagnies ont démarré la production du matériel adéquat et les adeptes de plus en plus nombreux commencèrent à affluer dans les bars… surtout les salariés qui venaient se détendre ainsi, après une dure journée de travail.
Durant les années suivantes, le concept s’est répandu – pas seulement au Japon – mais aussi dans les autres pays.
Les conditions ont évolué à travers le développement technique de l’équipement, mais aussi par l’amélioration des lieux. Les appareils deviennent de plus en plus puissants et sophistiqués et les espaces plus grands et plus accueillants.
Ce qui commença par un fond musical sur une simple cassette, grandit alors en passant par l’apparition d’un orgue électrique avec plusieurs tonalités différentes en 1959 (Electrone de Yamaha) … par un perfectionnement du JUKE-BOX suite au rajout d’un micro et du monnayeur en 1970 (oui, il s’agit bien ici de l’appareil qui joue un air enregistré sur un disque et choisi a l’aide d’un bouton avec le nom de l’artiste et le titre de la chanson) …

En 1972 est apparu le « voice-changer » qui efface la piste vocale sur un enregistrement.
Deux ans plus tard est né un « juke box » avec des bandes enregistrées ( le Crescent Juke).
Entre 1976 et 1977, les grandes compagnies japonaises comme Teichiku, King, Columbia, Toshiba EMI, Victor et Polydor, s’engagent à produire l’équipement utilisé pour le karaoké.
Ainsi en 1982, PIONEER met sur le marché les vidéos et lasers karaoké. Ensuite, en 1985 TOSHIBA EMI crée les bandes de paroles en couleurs. SONY s’avère la première compagnie a présenter des DC karaoké.
C’est seulement deux ans après – dans les années 1985-86 – qu’apparaissent les CD+G, ou a part la musique, enregistrées sont aussi les bondes des paroles qui apparaissent sur l’écran.
C’est en 1986 qu’on commence à créer au Japon les premiers karaokés box – ces endroits à part, consacrés seulement à cette passion du chant. Souvent, il s’agit des bâtiments entiers comprenant plusieurs « chambres » de karaoké insonorisés ou les clients sont isolés et donc peuvent s’amuser sans être dérangés par les autres. Les services de ces établissements ne s’arrêtent pas uniquement là. Les chanteurs peuvent aussi consommer des boissons et de la nourriture.

Le nom de « karaoké box » est utilisé surtout au Japon et a Hong Kong. Les Taiwannais et les Chinois ont l’habitude de les appeler KTV (Karaoké TéléVision). Pour les Sud-Coréens ce sont les « NORAEBANG » (ce qui veut dire littéralement « chanson » /norae/ et « chambre » /bang/ ). Aux Philippines, il s’agit des « VIDEOKE » et au Vietnam des « PHONG KARAOKE » (ce qui se traduit par « chambre de karaoké »).
L’année 1989 fut difficile pour SONY qui a vu l’échec de son Walkman Karaoké (un walkman à carte insérable avec 40 chansons enregistrées).
En 1992 est apparu le karaoké par câble – appelé aussi « télécom karaoké ».
Dorénavant nous nous sentons comme des stars, debout sur une scène en criant dans un micro les paroles affichées sur un écran plasma géant accroché au mur. Et tout ça dans une pièce cosy avec une table bien garnie et les employés prêts à nous choyer à tout moment.
Ce qui peut sembler une simple façon de s’amuser a en réalité une signification bien plus complexe. Le karaoké est un emblème culturel … un moyen de rester en bonne santé mentale (en guérissant le stress) et physique ( en stimulant le travail du cerveau, des poumons, des intestins et des organes génitaux) … c’est aussi un rite de purification et même une activité aphrodisiaque!
AU JAPON
Dans la tradition japonaise, le chant était toujours très important. On l’appréciait a chaque occasion, que ça soit lors des réunions de famille ou lors des simples expressions spontanées dans la vie quotidienne. Les encouragements et la bonne humeur s’ensuivent instantanément.
Vivant dans un monde exigeant, les hommes et les femmes travaillant dans les bureaux des moyennes et grandes entreprises sont les plus importants « consommateurs » des Karaoké Box. Eh oui, pour eux le meilleur moyen de déstresser avant de rentrer a la maison est de chanter avec leurs collègues … mais bien sûr il y a souvent de l’alcool qui coule… ça aide à se détendre encore plus il parait…
Alors les Karaoké Box … où les trouve-t-on ?

On peut dire qu’ils fleurissent à chaque coin de la rue – surtout dans le quartier de Shibuya. Les néons nous envoient les clins d’oeil bigarrés en guise d’invitation.
Lequel choisir ?
Et bien à vous de voir.
Il existe tout d’abord un karaoké « de nuit », accueillant surtout les gens qui quittent leurs bureaux. Les lieux sont ouverts jusqu’à 3h ou 4h du matin … ou même 24h/24. Les prix varient selon le jour (en week-end) c’est toujours plus chère bien évidemment), de l’heure et du temps passé à faire la fête. Ainsi en soirée on peut dépenser entre 300 et 500 yen par personne pour 30 minutes, mais il y a aussi des forfaits qui proposent 1000-2000 yen pour la nuit (à partir de 23h environ jusqu’au petit matin). Par contre, il faut prévoir un supplément pour la consommation des boissons et de la nourriture.
Mais il existent aussi les karaoké « de jour » … fréquentés surtout par les étudiants et les femmes. Ces dernières apprécient particulièrement ces « coffee shop », car ici elles ne sont pas traités par le terme « Okusan », ce qui les décrit seulement comme « femme de X » ou « mère de Y »… non, ici elles sont appelées pour chanter par leurs propres noms!



Le choix d’une chambre est fait selon le nombre des participants, mais aussi selon leurs envies et leurs moyens et ainsi ils peuvent – en payant plus – se retrouver dans un endroit chic appelé VIP ROOM.
Les propriétaires, pour se distinguer et pour attirer plus de clients, misent sur la déco spécifique de chaque pièce… comme ça nous pouvons chanter en plein milieu de la jungle ou dans un sous-marin !
ATTENTION ! Les chansons sont stockées selon l’alphabet japonais et nous chantons en japonais !
Bon, heureusement pour nous, il existe aussi des titres en anglais et même en français !
Si vous voulez le tester, sans pour autant devoir payer le billet d’avion… j’ai trouvé quelques adresses de karaoké « type » japonais à Paris !
Comme à Tokyo
Avec sa salle kawaii
Comme vous allez l’adorer
Réputé un peu cher mais c’est un véritable bar Japonais
EN CORÉE DU SUD
Tout comme karaoké au Japon, le noraebang en Corée du Sud est une activité très populaire. En couple ou en groupe, vous avez un grand choix des « chambres ». L’ambiance est au rendez-vous et vous êtes tellement pris par le jeu que vous ne voyez pas le temps passer. Une location de 1 heure coûte environ 20 000 wons… qui est a peu près équivalent de 12 euros. Mais les gérants savent très bien attirer les clients… en leur offrant par exemple 20 minutes supplémentaires ! … Si vous voulez y aller juste pour 30 minutes… et bien, c’est gratuit !
Oui, c’est un univers vraiment attrayant… même les timides se laissent tenter !
Ambiance ?
Oh oui, vous pouvez être sûr que vous allez bien vous amuser !
Vous pouvez même imiter ces deux filles… noooooon, personne ne vous jettera dehors !
EN CHINE
Le principe de base reste le même… mais ici le KTV (Karaoké TéléVision) s’avère encore mieux équipé pour attirer les adeptes de ce sport national. Ainsi dans la chambre, à part le grand canapé, l’écran géant et la table, nous avons une miniscène pour l’artiste, avec une chaise et un mini écran sur un support avec le texte de la chanson.

Le personnel restant à votre disposition pour prendre vos repas et chercher de la nourriture ou des boissons, entre-temps.
Les KTV sont ouverts dans la plupart des cas 24h/24.
Le coût de location ?
Certains proposent un petit encas de minuit à leurs clients, tandis que d’autres proposent un buffet 24h/24 à leur disposition. Les prix varient entre 10 et 400 Yuan par chambre et par heure.
Ce milieu se retrouve malheureusement impliqué dans la prostitution et les drogues… ce qui gâche cette belle image d’innocence.
Ce qui n’empêche pas pour autant les gens de se rendre aux Karaokés Box, aux Noraebang, aux KTV…
Et oui, même si les langues changent, l’idée de base reste identique pour chacun de ces pays, alors surtout n’ayez pas peur de tester, et…
AMUSEZ-VOUS!!!





